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L’Afrique a-t-elle “abandonné SWIFT” pour CIPS ? Faits, impacts et opportunités d’ici 2030

  • Photo du rédacteur: Kolia LOUISON
    Kolia LOUISON
  • 24 sept. 2025
  • 4 min de lecture

Fait ou intox : une “date” d’abandon de SWIFT par l’Afrique au profit de CIPS ?

Il n’existe pas de date où “le continent africain” aurait abandonné SWIFT pour CIPS. Ce qui se passe réellement en 2024–2025, c’est une montée en puissance graduelle d’alternatives ou de compléments à SWIFT :

  • CIPS (China’s Cross-border Interbank Payment System) : des institutions africaines rejoignent progressivement CIPS pour règlements en renminbi (RMB). En 2025, Standard Bank (Afrique du Sud) est devenue première banque africaine “direct participant”, et Afreximbank a également rejoint CIPS (adhésions officialisées par CIPS et la presse). cips.com.cn+2The China-Global South Project+2

  • PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System) : l’infrastructure panafricaine portée par l’UA/Afreximbank pour des paiements transfrontaliers en monnaies locales, opérationnelle commercialement depuis le 13 janvier 2022 et en extension continue. En 2025, PAPSS prépare une plateforme de change panafricaine pour réduire la dépendance au dollar dans les règlements intra-africains. PAPSS+3Carnegie Endowment+3Wikipedia+3

➡️ Conclusion factuelle : pas “d’abandon” continental de SWIFT, mais diversification des rails de paiement (PAPSS intra-Afrique ; CIPS pour flux RMB), dans une logique de multi-infrastructures.

Impacts réels (ou supposés) pour l’Europe et la finance mondiale

  • Taille & effet d’échelle : SWIFT reste massivement dominant (couverture mondiale, interopérabilité). CIPS grandit, mais demeure plus petit ; même l’entrée d’acteurs majeurs (p. ex. HSBC Hong Kong) illustre une normalisation progressive du RMB, pas un basculement soudain. Financial Times

  • Impact sur l’Europe (court terme) : limité. Les banques européennes continuent d’utiliser SWIFT et les réseaux existants ; en parallèle, elles se raccordent là où nécessaire à PAPSS (commerce intra-africain) ou à CIPS (flux RMB) via correspondants.

  • Risque/sanctions & “dé-risquage” : la montée d’alternatives réduit marginalement l’exposition aux interruptions liées à des sanctions extraterritoriales, mais ne les annule pas : le RMB progresse surtout dans les corridors où la Chine est partie prenante. Financial Times

  • Compétitivité : pour les entreprises européennes, comprendre PAPSS/CIPS devient un avantage opérationnel (coûts/rapidité dans certains flux), sans remettre en cause l’usage de SWIFT sur le cœur des échanges UE–Afrique.

Opportunités d’investissement & entrepreneuriat en Afrique d’ici 2030

  • Paiements & fintech : PAPSS vise à réduire les coûts et les frictions des paiements intra-africains (économies potentielles de plusieurs milliards USD par an), stimulant le commerce AfCFTA, les PME et les places de marché B2B. FurtherAfrica

  • Supply-chain & trade finance : intégration PAPSS + rails classiques + CIPS crée des chaînes de règlement hybrides adaptées aux flux Afrique–Afrique et Afrique–Asie (RMB).

  • Banque transactionnelle & FX : arrivée annoncée d’un “Africa Currency Marketplace” (FX régional) peut ouvrir des opportunités en tenue de marché, API FX, couverture et reg-tech embarquées. Reuters

  • Infra numérique & interopérabilité : besoins forts en intégrateurs, KYC/AML spécialisés Afrique, cybersécurité financière, orchestration API entre PSP, banques et hubs nationaux.

  • Education & conformité : montée en compétences (compliance, sanctions, forensics) pour opérer dans un environnement multi-rails.

Qui bénéficiera le plus d’ici 2030 ? (francophones / anglophones)

Anglophones (probabilité élevée de gains rapides)

  • Afrique du Sud : rôle de hub financier, clearing RMB (accords PBoC/SARB dès 2015), Standard Bank reliée à CIPS, profondeur de marché et connectivité globale. Idéal pour sièges fintech/cyber panafricains. South African Reserve Bank+2People's Daily Online+2

  • Kenya : “Silicon Savannah, pipelines fintech et mobile money, appétence pour hubs régionaux de paiements/IA ; forte intégrabilité avec PAPSS à mesure de son déploiement. Wikipedia

  • Nigeria : volume commercial et diaspora ; si les réformes FX avancent, trade finance local-currency + corridors Afrique–Asie en RMB peuvent accélérer.

Francophones (accélération probable via commerce et hubs régionaux)

  • Côte d’Ivoire / Sénégal : hubs UEMOA, croissance soutenue, places logistiques ; gains sur paiements intra-UEMOA avec PAPSS et corridors AfCFTA. Wikipedia

  • Maroc (francophone, non subsaharien) : hub Afrique du Nord, banques panafricaines, portes vers UE et Afrique de l’Ouest ; apte à capter opérations siège pour Europe–Afrique.

  • Maurice : hub juridique/fiscal & BPO, intermédiation fintech/insurtech pour l’Afrique continentale.

Hypothèse opérationnelle (siège régional 2030) :

  • Cybersécurité / digital : Johannesburg (Afrique du Sud) ou Nairobi (Kenya) pour le marché anglophone ; Abidjan (Côte d’Ivoire) ou Dakar (Sénégal) pour l’Ouest francophone.

  • Trade/Fintech RMB : Johannesburg (RMB clearing, CIPS direct participant via Standard Bank). cips.com.cn

Feuille de route pratique (entreprise digitale / cybersécurité)

  1. Cartographier les rails : SWIFT (global), PAPSS (intra-Afrique), CIPS (corridors RMB). Décider des connecteurs banque-as-a-service et PSP locaux. Wikipedia+1

  2. Monétique & FX : bâtir des connecteurs API pour multi-devises et multi-schémas (RTGS nationaux + PAPSS + corridors RMB).

  3. Compliance : investir tôt dans KYC/AML adaptés (identités, listes, sanctions), monitoring temps réel et forensics.

  4. Cybersécurité : SOC “régionalisé”, threat intel Afrique, durcissement des APIs de paiement, exercices de red team sectoriels.

  5. Partenariats : banques panafricaines (ex. Standard Bank), Afreximbank, fintechs locales ; engager des pilotes AfCFTA avec PAPSS. The China-Global South Project+1

Points à retenir

  • Pas d’abandon continental de SWIFT : diversification avec CIPS (flux RMB) et surtout PAPSS (intra-Afrique). cips.com.cn+1

  • Impact UE/finance mondiale : mesuré à court terme, mais des niches compétitives pour ceux qui maîtrisent les multi-rails. Financial Times

  • Opportunités 2030 : paiements, FX, reg-tech, cybersécurité, plateformes AfCFTA. Les hubs probables : Johannesburg, Nairobi, Abidjan/Dakar. Wikipedia+1


Sources clés

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